15 décembre 2024 à l’Église Saint-Enfant-Jésus du Mile End
Présentation
En ce mois de décembre où les journées se font courtes, il est heureux qu’apparaissent des «Lumières dans la nuit», dans un concert réconfortant composé de la musique tonifiante de Vivaldi et de Mozart.
Pour débuter, un psaume d’Antonio Vivaldi tiré des Vêpres du dimanche, le Beatus vir, titre que l’on peut traduire par «heureux l’homme qui se comporte bien». Cette courte pièce de 8 minutes a été composée pour voix de femmes par Vivaldi alors qu’il était engagé comme maître de violon, chef de chœur et maître de chapelle à l’Ospedale della Pietà de Venise, un hospice pour orphelines devenu un conservatoire, d’où le fait que nos solistes seront féminines, avec une soprano et une mezzo-soprano. Solistes et chœur alternent dans ce que la musicologue Marie-Aude Roux a qualifié de «chef-d’œuvre de brièveté d’une grande verve».
Du 16e au 19e siècle
Avant d’arriver à Mozart, le chef Andrei Bedros vous présente un ensemble de pièces sacrées des plus appropriées en cette période de Noël. D’abord, deux pièces a capella du 16e siècle: l’O magnum mysterium de Tomás de Victoria, un motet qui plonge dans le mystère de la naissance de Jésus, salué par un vigoureux «alleluia». Vient ensuite l’Ave Maria de Jacques Arcadelt qui est d’une grande simplicité et rappelle l »importance de la mère dans la naissance.
Nous passons au 19e siècle, avec deux chants de Noël de la tradition autrichienne: Transeamus usque Bethlehem, qui voit les bergers partir pour Bethléem après avoir entendu le chœur des anges chanter le «gloria». Puis Pueri concinite, un motet pour voix de garçons et soliste, qui invite les enfants «pueri» à chanter ensemble «concinite» pour célébrer le Roi né de la Vierge Marie.
Au sommet de l’intimité
Les trois pièces suivantes constituent une partie plus intime du concert avec une musique tantôt sacrée, tantôt profane. D’abord, le chant slave Ige Herouvimy du compositeur russe-ukrainien Dmitri Bortnianski. Composée pour le service officiel de la liturgie orthodoxe de saint Jean Chrysostome à Saint-Pétersbourg, l’œuvre est en slavon liturgique, véritable hymne à la vivante Trinité et chantée a capella.
Le Sanctus du Requiem de Gabriel Fauré a bien peu besoin de présentation et jamais n’a-t-on vu une messe de requiem remplie d’autant de douceur. Même le «hosanna» éclatant, s’éteint sur le mot «sanctus» en pianissimo sous les arpèges du piano.
The Snow d’Edward Elgar, grand représentant de la tradition vocale anglaise, est une pièce de 1894 dont les paroles ont été composées par son épouse Alice Elgar. Toute romantique, elle évoque la neige, qui tombe doucement et qui va fondre un jour; on souhaite vivement que nos cœurs conservent leurs sentiments et ne s’évanouissent pas comme cette neige… The Snow est un chœur pour voix de femmes, accompagné au piano et par deux violons.
Une messe brève de Mozart
La pièce principale du concert est la Messe brève en ré majeur de Mozart, composée en 1774 pour l’archevêque de Salzbourg alors que Mozart avait 18 ans. L’archevêque insistait pour que les messes soient courtes et même les messes les plus solennelles ne devaient pas dépasser 45 minutes.
La messe d’environ 20 minutes est composée de toutes les parties habituelles: un Kyrie suppliant, un Gloria d’une joyeuse légèreté, un Credo plus élaboré avec des passages dramatiques comme la descente du ciel et la résurrection, et le «amen» final repris dans une joyeuse fugue. Comme dans le Gloria, les solistes alternent ici avec le chœur.
Le Sanctus se déploie avec vigueur avec son «hosanna», tandis que le Benedictus, réservé aux solistes, est tout en douceur et en contraste avec le «Osanna» que reprend avec force le chœur.
La pièce se clôture avec un Agnus Dei alternant entre solistes et chœur. Après l’imploration du «miserere nobis» (prend pitié de nous) répété par le chœur, vient en finale triomphante le «dona nobis pacem», comme une exaltation de cette paix tant attendue.
Guy Laperrière, ténor
Programme
Durée : 60 minutes environ (sans entracte)
Ce concert est dédié à la mémoire de Henri Brémont qui fut choriste ténor au sein de Jongleurs pendant de nombreuses années.
Beatus vir (RV 598)
Antonio VIVALDI (1678-1741)
solistes, chœur et cordes
O magnum mysterium
Tomas de VICTORIA (1548-1611)
chœur a cappella
Ave Maria
Jacques ARCADELT (1507-1568)
arrangement de Pierre-Louis Dietsch (1842)
chœur a cappella
Transeamus usque Bethlehem
Josef SCHNABEL (1767-1831)
chœur et piano
Pueri concinite
Johann Ritter von HERBECK (1831-1877)
soliste, chœur et piano
Ige Herouvimy
Dmitri BORTNIANSKY (1751-1825)
chœur a cappella
Sanctus, extrait du Requiem
Gabriel FAURÉ (1845-1924)
chœur et piano
The Snow
Edward ELGAR (1857-1934)
chœur de femmes, violons et piano
Missa brevis in D (KV 194)
Wolfgang Amadeus MOZART(1756-1791)
Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus et Agnus Dei
solistes, chœur et cordes

