Concert du 25 mai 2025
Messe en ut majeur et autres pièces de Beethoven






En 2020, nous fêtions le 250e anniversaire de naissance de Beethoven; dans deux ans, en 2027, on célébrera le 200e anniversaire de son décès. Entre les deux, l’Ensemble vocal Les Jongleurs vous offre un concert tout Beethoven: «Un dimanche avec Ludwig».
Nous ouvrons le concert par une courte pièce, Le repos, dont la musique provient du thème du 4e mouvement du Septuor pour cordes et vents en mi bémol majeur opus 20, composé en 1800 et qui connut un vif succès. On y chante le repos des paysans après un dur labeur.
Elegischer Gesang: une élégie aux accents poignants et mélancoliques
L’Elegischer Gesang, pièce d’une grande intensité d’une durée de 7 minutes, a été composée en 1814 pour un quatuor vocal ou un chœur à 4 voix, accompagné d’un quatuor à cordes.
Cette Élégie, ou pièce funèbre, est un hommage à Eleonore, épouse du baron Pasqualati, morte en couches à 24 ans. Or, ce baron était le propriétaire de la maison que louait Beethoven à Vienne depuis 1804. On devine l’intensité de cette composition: Ludwig l’a dédiée «à la mémoire de l’épouse transfigurée de mon honoré ami Pasqualiti», qui est peut-être celui qui a composé les paroles. L’auteur s’adresse à la défunte:
Programme
Le Repos
Thème du 4e mouvement du Septuor pour cordes et vents, opus 20 (1800)
Chœur avec cordes
Elegischer Gesang
Élégie, opus 118, 1814
Chœur avec cordes
Messe en ut majeur, opus 86 (1807)
Mouvements:
Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus,
Benedictus et Agnus Dei
Avec solistes, chœur et orchestre
«Doucement, comme tu as vécu,
tu as mené ta vie à bonne fin.
Tu t’en vas vers la sainteté,
en remplacement de la douleur.
Aucun œil ne pleure, car tu retournes
vers l’esprit céleste.»
Si vous avez perdu des êtres chers ces derniers temps, on peut penser à eux pendant cette pièce, avec l’espoir d’une paix retrouvée.
Messe en ut majeur, opus 86
L’œuvre principale du programme est la Messe en ut majeur, la seule messe de Beethoven, mis à part la Missa solemnis (1819). Elle a été composée en 1807, alors que Beethoven était au sommet de sa carrière.
Cette œuvre a été commandée par le prince Esterhazy, qui avait aussi commandé plusieurs messes à Haydn à la fin des années 1790, messes qu’il faisait exécuter en septembre pour célébrer l’anniversaire de son épouse. Après l’exécution de l’œuvre le 13 septembre 1807, le prince n’en fut guère heureux, puisqu’il écrivit à une amie: «La messe de Beethoven est insupportable, ridicule et détestable.»
Cette réaction nous étonne aujourd’hui : peut-être le prince était-il choqué par les élans romantiques et les contrastes qui ponctuent l’œuvre, alors que Haydn était d’un style plus classique.
Cette messe se déroule selon les parties habituelles: un Kyrie, qui commence tout en douceur, Beethoven voulant créer une atmosphère liturgique, suivi tout aussitôt d’un puissant Gloria. Le Credo est tout aussi vigoureux, où il s’agit de proclamer sa foi. Plusieurs sections sont à l’unisson, justement pour marquer la solidité de cette foi.
Vient ensuite le Sanctus, d’un caractère très différent, intense, recueilli, jusqu’à ce qu’éclate le Osanna. Le Benedictus lui est intimement relié: ici, c’est le jeu entre les solistes et le chœur qui est d’une grande beauté, infinie délicatesse: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, suivi à nouveau de l’Osanna.
Pour terminer, l’Agnus Dei est d’une grande intensité. Après de poignantes invocations, les miserere plusieurs fois répétés, arrive une finale enlevée, sur les mots dona nobis pacem: donne-nous la paix. En ces temps où, depuis des années, des guerres nous tourmentent, il me semble qu’on ne répétera jamais assez cette prière. Après une courte reprise du thème du Kyrie, la pièce se termine tout en douceur : pacem, pacem, pacem…
Le prince n’a peut-être pas aimé cette Messe, mais nous, nous l’aimons beaucoup, et nous espérons vous faire partager notre bonheur!
Présentation par Guy Laperrière, choriste ténor
Crédits

Andrei Bedros
Directeur musical et chef de chœur
Originaire de Roumanie, Andrei Bedros est diplômé du Conservatoire de musique de Bucarest. Arrivé au Québec en 1979, il se spécialise en direction chorale à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Il dirige maintenant plusieurs chorales et a reçu le Prix Jean-Pierre Guindon de l’Alliance chorale du Québec en mai 2016 pour sa contribution à l’épanouissement du chant choral. En 2021, nous avons célébré ses 40 ans à la direction musicale de l’Ensemble vocal Les Jongleurs.

Anne-Marie Denoncourt
Pianiste d’accompagnatrice
Anne-Marie Denoncourt est diplômée de la Faculté de musique de l’Université McGill et du Westminster Choir College de Princeton, New Jersey. Elle accompagne de nombreuses formations musicales et est présentement enseignante au Département de musique (pianiste et pianiste-accompagnatrice) du Cégep Saint-Laurent. L’Alliance chorale du Québec lui a remis le Prix Gilles-Breton en juin 2019. Elle s’est jointe à l’Ensemble vocal Les Jongleurs en janvier 2023.
Choristes
SOPRANOS
Florence Décarie-Daigneault
Isabelle Duranceau
Marie-Hélène Gaumond
Ginette Hétu-Bertrand
Anik Larose
Claudia Leduc
Marie Lefrançois
Johanne Paré
Ève-Line Pipon
Jocelyne Pronovost
Camille Rémillard-Vigneault
TÉNORS
Anne Fortin
Johanne Hotte
François Lalande
Guy Laperrière
Donald Poulin
Gaëtan Sheridan
ALTOS
Josée Bleau
Louise Bourbonnais
Diane Brière
Anne-Marie DeVos
Monique Deslongchamps
Kimpov Eap
Jacinthe Giroux
France Malouin
Elise Massicotte
Chantal Paquette
Gabriele Roehl
Johanne Théroux
BASSES
Didier Airaudo
Dominique Brunel
Christian Desbiens
Jean Fréchette
Pierre-Yves Lauzé
Michel Péloquin
Solistes

Consuelo Morosin
Soprano
Diplômée en interprétation de chant à l’Université de Montréal, Consuelo Morosin a fait un passage remarqué en Europe pour son rôle de Juliette dans Roméo et Juliette de Gounod et elle a tenu les rôles de Gianetta dans L’élisir d’amore, de Giovanna dans Rigoletto, d’Annina dans La Traviata, ainsi que le rôle-titre dans La Traviata avec l’Ensemble lyrique de Montréal. Consuelo participe en tant que soliste aux concerts des Jongleurs depuis de nombreuses années.

Carmina Franco
Mezzo-soprano
Diplômée de l’Université McGill en chant avec une mineure en philosophie, Carmina Franco a été nommée comme lauréate de la bourse Maureen Forrester – Guilde des musiciens du Québec en 2020 et de la bourse Kenneth Woodman en 2018. Carmina s’est produite sur diverses scènes au Canada et en Italie et elle enseigne le chant au Collège Regina Assumpta à Montréal.

Éric Prud’homme
Ténor
Éric Prud’homme a fait sa formation musicale à l’École de Musique de l’Outaouais, puis à l’École de musique Vincent d’Indy, à l’Université McGill, et auprès de différents maîtres, notamment à Lucca et à Vérone, en Italie. Comme membre de la compagnie Et Vive l’Opéra, il a été Johann Strauss dans La vie amoureuse de Johann Strauss, Camille dans La veuve joyeuse, Des Grieux dans Manon et Alfredo dans La Traviata.

Manuel Blais
Basse
Diplômé de l’École de musique Vincent d’Indy en piano et de l’UQAM, Manuel Blais a notamment été soliste pour I Musici, l’OSM, la Société Philharmonique de Montréal et l’Ensemble Millénia. Il a à son actif de nombreux rôles à l’opéra sur la scène internationale, dont Escamillo dans Carmen, Germont dans La Traviata, Figaro dans Les noces de Figaro et Papageno dans Die Zauberflöte.
Orchestre
Marie-Claude Massé – Violon I
Esmée Sparling – Violon II
Dannick Bujold-Senss – Alto
Arthur Prieur – Violoncelle
Abdulkarim Ani – Contrebassiste
Julie Blanchet – Flûte
Jorik Brouwer – Hautbois
Charlotte Layec – Clarinette
Mariana Olaïz – Basson
Christopher Kerr-Barr – Trompette
Léa Beaudet – Cor
Joseph Visseaux – Timbales
