Concert 2024-12

Ce concert est dédié à la mémoire de Henri Brémont qui fut choriste ténor aux Jongleurs durant de nombreuses années.

En ce mois de décembre où les journées se font courtes, il est heureux qu’apparaissent des «Lumières dans la nuit», dans un concert réconfortant composé de la musique tonifiante de Vivaldi et de Mozart.

Pour débuter, un psaume d’Antonio Vivaldi tiré des Vêpres du dimanche, le Beatus vir, titre que l’on peut traduire par «heureux l’homme qui se comporte bien». Cette courte pièce de 8 minutes a été composée pour voix de femmes par Vivaldi alors qu’il était engagé comme maître de violon, chef de chœur et maître de chapelle à l’Ospedale della Pietà de Venise, un hospice pour orphelines devenu un conservatoire, d’où le fait que nos solistes seront féminines, avec une soprano et une mezzo-soprano. Solistes et chœur alternent dans ce que la musicologue Marie-Aude Roux a qualifié de «chef-d’œuvre de brièveté d’une grande verve».

Du 16e au 19e siècle

Avant d’arriver à Mozart, le chef Andrei Bedros vous présente un ensemble de pièces sacrées des plus appropriées en cette période de Noël. D’abord, deux pièces a capella du 16e siècle: l’O magnum mysterium de Tomás de Victoria, un motet qui plonge dans le mystère de la naissance de Jésus, salué par un vigoureux «alleluia». Vient ensuite l’Ave Maria de Jacques Arcadelt qui est d’une grande simplicité et rappelle l »importance de la mère dans la naissance.

Nous passons au 19e siècle, avec deux chants de Noël de la tradition autrichienne: Transeamus usque Bethlehem, qui voit les bergers partir pour Bethléem après avoir entendu le chœur des anges chanter le «gloria». Puis Pueri concinite, un motet pour voix de garçons et soliste, qui invite les enfants «pueri» à chanter ensemble «concinite» pour célébrer le Roi né de la Vierge Marie.

Programme

Beatus vir (RV 598)
Antonio VIVALDI (1678-1741)
solistes, chœur et cordes​

​​O magnum mysterium 
Tomas de VICTORIA (1548-1611)
chœur a cappella​

Ave Maria
Jacques ARCADELT (1507-1568)
arrangement de Pierre-Louis Dietsch (1842)
chœur a cappella​

Transeamus usque Bethlehem
Josef SCHNABEL (1767-1831)
chœur et piano

Pueri concinite
Johann Ritter von HERBECK (1831-1877) 
soliste, chœur et piano​​​​​

Ige Herouvimy
Dmitri BORTNIANSKY (1751-1825)
chœur a cappella​​​

Sanctus, extrait du Requiem
Gabriel FAURÉ (1845-1924)
chœur et piano​​​​

The Snow
Edward ELGAR (1857-1934)
chœur de femmes, violons et piano​​​​​​​​

Missa brevis in D  (KV 194)
Wolfgang Amadeus MOZART(1756-1791) 
Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus et Agnus Dei
solistes, chœur et cordes

Au sommet de l’intimité

Les trois pièces suivantes constituent une partie plus intime du concert avec une musique tantôt sacrée, tantôt profane. D’abord, le chant slave Ige Herouvimy du compositeur russe-ukrainien Dmitri Bortnianski. Composée pour le service officiel de la liturgie orthodoxe de saint Jean Chrysostome à Saint-Pétersbourg, l’œuvre est en slavon liturgique, véritable hymne à la vivante Trinité et chantée a capella.

Le Sanctus du Requiem de Gabriel Fauré a bien peu besoin de présentation et jamais n’a-t-on vu une messe de requiem remplie d’autant de douceur. Même le «hosanna» éclatant, s’éteint sur le mot «sanctus» en pianissimo sous les arpèges du piano.

The Snow d’Edward Elgar, grand représentant de la tradition vocale anglaise, est une pièce de 1894 dont les paroles ont été composées par son épouse Alice Elgar. Toute romantique, elle évoque la neige, qui tombe doucement et qui va fondre un jour; on souhaite vivement que nos cœurs conservent leurs sentiments et ne s’évanouissent pas comme cette neige… The Snow est un chœur pour voix de femmes, accompagné au piano et par deux violons.

Une messe brève de Mozart

La pièce principale du concert est la Messe brève en ré majeur de Mozart, composée en 1774 pour l’archevêque de Salzbourg alors que Mozart avait 18 ans. L’archevêque insistait pour que les messes soient courtes et même les messes les plus solennelles ne devaient pas dépasser 45 minutes.

La messe d’environ 20 minutes est composée de toutes les parties habituelles: un Kyrie suppliant, un Gloria d’une joyeuse légèreté, un Credo plus élaboré avec des passages dramatiques comme la descente du ciel et la résurrection, et le «amen» final repris dans une joyeuse fugue. Comme dans le Gloria, les solistes alternent ici avec le chœur. 

Le Sanctus se déploie avec vigueur avec son «hosanna», tandis que le Benedictus, réservé aux solistes, est tout en douceur et en contraste avec le «Osanna» que reprend avec force le chœur. 

La pièce se clôture avec un Agnus Dei alternant entre solistes et chœur. Après l’imploration du «miserere nobis» (prend pitié de nous) répété par le chœur, vient en finale triomphante le «dona nobis pacem», comme une exaltation de cette paix tant attendue.

Crédits

Andrei Bedros

Directeur musical et chef de chœur

Originaire de Roumanie, Andrei Bedros est diplômé du Conservatoire de musique de Bucarest. Arrivé au Québec en 1979, il se spécialise en direction chorale à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Il dirige maintenant plusieurs chorales et a reçu le Prix Jean-Pierre Guindon de l’Alliance chorale du Québec en mai 2016 pour sa contribution à l’épanouissement du chant choral. En 2021, nous avons célébré ses 40 ans à la direction musicale de l’Ensemble vocal Les Jongleurs.

Portrait d'Anne-Marie Denoncourt

Anne-Marie Denoncourt

Pianiste d’accompagnatrice

Anne-Marie Denoncourt est diplômée de la Faculté de musique de l’Université McGill et du Westminster Choir College de Princeton, New Jersey. Elle accompagne de nombreuses formations musicales et est présentement enseignante au Département de musique (pianiste et pianiste-accompagnatrice) du Cégep Saint-Laurent. L’Alliance chorale du Québec lui a remis le Prix Gilles-Breton en juin 2019. Elle s’est jointe à l’Ensemble vocal Les Jongleurs en janvier 2023.

Choristes

SOPRANOS
Claudette Blanchard
Denise Chrzanowska
Isabelle Duranceau
Isabelle Ecuyer-Dab
Marie-Hélène Gaumond
Claire Latendresse
Anik Larose
Claudia Leduc
Céline Paré
Johanne Paré
Jocelyne Pronovost

TÉNORS
Claude Chasle
Carlos Antonio Escobar
Anne Fortin
Jean-Pierre Fortin
Johanne Hotte
Dana Isac
François Lalande
Guy Laperrière
Donald Poulin
Gaëtan Sheridan

ALTOS
Josée Bleau
Louise Bourbonnais
Diane Brière
Anne-Marie De Vos
Monique Deslongchamps
Marie Dorion
Geneviève Duckett
Kimpov Eap
Jacinthe Giroux
France Malouin
Andrée Nicole
Chantal Paquette
Hélène-Françoise Perrault
Gabriele Roehl
Johanne Théroux

BASSES
Didier Airaudo
Dominique Brunel
Christian Desbiens
Jean Fréchette
Pierre-Yves Lauzé
Michel Péloquin
Vincent Roy

Les choristes de la Chorale Pierre-Boucher se joindront au chœur pour le Beatus vir et la Messe brève en ré majeur.

Solistes

Consuelo Morosin, soliste soprano

Consuelo Morosin
Soprano

Diplômée en interprétation de chant à l’Université de Montréal, Consuelo Morosin a fait un passage remarqué en Europe pour son rôle de Juliette dans Roméo et Juliette de Gounod et elle a tenu les rôles de Gianetta dans L’élisir d’amore, de Giovanna dans Rigoletto, d’Annina dans La Traviata, ainsi que le rôle-titre dans La Traviata avec l’Ensemble lyrique de Montréal. Consuelo participe en tant que soliste aux concerts des Jongleurs depuis de nombreuses années.

Carmina Franco, soliste alto

Carmina Franco
Mezzo-soprano

Diplômée de l’Université McGill en chant avec une mineure en philosophie, Carmina Franco a été nommée comme lauréate de la bourse Maureen Forrester – Guilde des musiciens du Québec en 2020 et de la bourse Kenneth Woodman en 2018. Carmina s’est produite sur diverses scènes au Canada et en Italie et elle enseigne le chant au Collège Regina Assumpta à Montréal.

René Voyer
Ténor

Formé à l’Université de Montréal et à l’UQAM, René Voyer a chanté pour de nombreux ensembles québécois, notamment le Nouvel Ensemble moderne et le Studio de musique ancienne de Montréal. Il a ensuite développé sa voix auprès des chanteuses Hélène Fortin et Lyne Fortin et en travaillant en tant que choriste professionnel au sein des chœurs de l’Opéra de Québec, de l’Opéra de Montréal et de l’Orchestre Métropolitain.

Gabriel Frank
Baryton

Chanteur, compositeur et multi-instrumentiste basé à Montréal, Gabriel Frank se produit régulièrement avec plusieurs ensembles montréalais. De plus, il a joué et enregistré avec des ensembles et des musiciens reconnus allant de l’Orchestre Symphonique de Montréal à l’artiste Léonard Cohen.

Ensemble à cordes

Jeanne Côté – Violon I
Victoria Dathe – Violon II
Dannick Bujold-Senss – Alto
Arthur Prieur – Violoncelle
Abdulkarim Ani – Contrebassiste

Présentation par
Guy Laperrière


Photos par Jean Bélanger et Ginette Hétu-Bertrand